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Bling-bang-blog du 6 mai

Retour sur l’année bouffonne en cliquant sur le blog anniversaire du 6 mai (catégorie le blog citoyen croque Sarkozy et sa politique).

 » Et le verbe s’est fait chair «  ou comment il a dépassé toutes nos désespérances dans des dizaines de billets et pamphlets au jour le jour, extraits du blog citoyen, socialiste et républicain, commentant les riches heurs et malheurs de la sarkozie.

En cadeau anniversaire à nos lecteurs internautes et à tous nos amis et amies blogueurs et blogueuses à commencer par la première d’entre elles…

Votre ami du  » blog citoyen, socialiste et républicain « .

Les temps troubles des embrouilles et des magouilles

Troublante la “retraite” d’un Sarkozy, fraîchement élu, dans une débauche de luxe, troublants l’accueil fait au renégat Besson, les manoeuvres de débauchage d’un Kouchner et autres missionnés venus de la gauche mais aussi des proches de Bayrou, troublantes les captations d’héritage en tous genres depuis le début de la campagne, troublante cette agilité verbale à récupérer valeurs et symboles de ses adversaires, troublante cette façon d’être très “star’ac”, troublante cette confusion du people et de la politique, troublante cette prétendue auto-censure des media sur les sujets qui fâchent, troublante cette capacité de s’exonérer de tout bilan. Troublante cette perversion des mots, des valeurs, des signes et peut être même des hommes.

Ce renversement du sens fonctionne à plein. Depuis les mensonges reconnus de Blair et Bush sur les faux prétextes de la guerre d’Irak sans que leur légitimité en fût ébranlée, on peut s’interroger sur les nouvelles postures de l’intrigue en politique. Adieu le mensonge d’Etat et vive le cynisme érigé en principe d’action. Quand la renommée supplante le mérite, quand l’apparence balaye la compétence, à quoi bon s’encombrer de principes exigeants ! A bas la vertu et vive l’instantané ! Comme un chien crevé au fil de l’eau, laissons donc filer le sort du pays en faisant comme-ci le contraire prévalait. L’essentiel n’est-il pas de déréguler, dérèglementer, défiscaliser, libéraliser comme le dit le MEDEF qui représente, comme chacun sait, l’intérêt général bien compris des entreprises du CAC 40 .

  Dur de savoir ce qu’il en sera vraiment. Une chose est certaine : c’est l’embrouille totale ! Une embrouille qui tord le cou à tous les principes sans que l’on ne puisse la dénoncer. Vous l’aurez compris : il n’y a pas de principes, il n’y a que des opportunités.

X D, le 18 mai 2007

Utiliser son vote pour contrer la frénésie libérale !

Nicolas Sarkozy met le turbo. Il veut coûte que coûte assurer la victoire de sa majorité à l’Assemblée Nationale. Et il donne de la voix pour masquer, derrière une vision très idéologique,  des mesures véritablement inéquitables.

Prenons la franchise fiscale et sociale sur les heures supplémentaires. Il n’y a pas pire programme pour dissuader d’embaucher les demandeurs d’emploi, interdire une augmentation des heures de travail aux salariés à temps partiel exclus de la mesure, avantager le patronat seul maître du jeu et, en final, priver la nation de recettes utiles à la solidarité. Il en résultera une flexibilité accrue d’un salariat éclaté toujours plus corvéable.

Restons encore dans les franchises et, notamment, celles qui portent sur le déremboursement des soins. Il n’y a pas pire programme quand on connaît la part des personnes et familles exclues du soin. Il faut n’avoir vraiment rien compris aux enjeux sanitaires et sociaux pour avancer tranquillement de telles solutions qui vont immanquablement creuser les inégalités devant les soins et la santé. C’est parfaitement révélateur d’une approche technocratique arrogante qui n’a qu’une vision comptable de la maîtrise des dépenses de santé. C’est l’assurance d’une santé à deux vitesses !

Jusqu’où ira ce détricotage déjà largement amorcé ? Le président entend bien garder la main et ne renoncera jamais à sa volonté de rupture libérale animée par le retour d’une idéologie néo-conservatrice. Derrière des slogans de campagne (”travailler plus pour gagner plus”, “responsabiliser les usagers”, etc.) se cachent de profondes remises en cause de notre modèle social, par ailleurs très attendues du MEDEF. Il n’y a qu’une seule façon de contrer cette droite impériale et offensive. Seule, la volonté populaire peut, grâce au bulletin de vote, mettre à mal la velléité de totale hégémonie d’une droite déjà trop puissante.

X D, le 30 mai 2007

Défis républicains et citoyens

Le  président Sarkozy poursuit infatigablement son entreprise en gardant le cap sur les mesures annoncées. Il veut à tout prix concrétiser ses objectifs :  abaisser les charges et les impôts des entreprises et des hauts revenus tout en faisant supporter aux pauvres les augmentations de TVA, réduire les dépenses de l’Etat en supprimant des emplois publics par centaines de milliers,  baisser le coût du travail en comprimant les bas salaires et en organisant la précarité, remettre totalement en cause les dispositifs protecteurs de l’emploi en adoptant un contrat atypique, limiter singulièrement l’exercice du droit de grêve en s’attaquant d’abord au secteur public… Et nous n’évoquons là que les questions économiques et sociales quand le président travestit les institutions dans une hyperconcentration du pouvoir.

Sans opposition forte et structurée, nous pouvons craindre une capacité de Nicolas Sarkozy à traduire ces objectifs actuels dans la réalité de demain. C’est une visée politique fondée sur des présupposés idéologiques d’une inspiration “libérale”, façon néo-conservatrice,  en dépit des discours de campagne volontaristes.  Cette méthode emprunte certans aspects du thatchérisme dont on connaît les résultats : affaiblissement des syndicats après une épreuve de force gagnée par le patronat ou le gouvernement, démantelement de la protection sociale et des services publics. Ce programme de liquidation de l’Etat social comporte le risque de casser la machine économique tout en exacerbant les conflits sociaux.

Dans une période traversée par de tels enjeux on doit montrer plus d’intelligence à gauche. Après avoir plombé sa candidate à la présidentielle, trahi les accords électoraux avec le MRC dans des circonscriptions phares, assisté impuissant au débauchage de socialistes en vue,  le PS donne libre cours à l’exacerbation de ses rivalités internes. Et à la gauche du PS on risque de revenir à de vieilles et illusoires chimères.

Ce sont décidemment toujours les mêmes comportements qui prévalent : maximalisme verbal, frilosité dans l’action, dénonciations et divisions. Faut-il n’avoir rien appris de l’histoire pour donner tant de signes d’incapacité ? Faute d’une remise en cause profonde, la gauche pourrait bien passer à côté des défis majeurs ; ceux de la relève de la France en remettant concrètement à l’ordre du jour, dans les têtes, les coeurs et surtout les actes la devise exigeante de la République. Comme nous y invite Jean Pierre Chevènement, il y a une réelle urgence à oeuvrer à “ la reconstruction et au rayonnement de ce courant républicain civique dont la gauche et la France ont plus que jamais besoin “. En avons-nous la volonté ? En serons-nous capables ?

X D, le 27 juin 2007

Le temps des dérapages

L’époque est à l’image du climat : décalée !

Décalés en effet : l’opposition qui ne peut se jouer frontalement face à un président désarmant avec ces “ouvertures” piègées ; le pseudo chef du gouvernement qui ne gouverne pas selon les règles de la cinquième République – ce qui conduit dans les faits à un changement de régime – ; les déficits abyssaux annoncés que l’équipe actuelle met à bon  compte sur le passif sans en assumer la moindre responsabilité et pour lesquels elle ne propose rien d’autres que les bonnes vielles recettes libérales sur le dos des usagers, des travailleurs et des consommateurs tandis qu’elle persévère dans ses perspectives de bouclier fiscal et autres allègements de charges…

Et dans ce paysage, une gauche qui jure et promet de se refonder sans donner de la tête quelques signes de renouvellement de méthodes mais en affichant, jusqu’à l’outrance, des oppositions cristallisées sur des conflits de personnes quand il s’agirait de tout reconstruire.

De quoi cheminer longtemps encore dans les méandres d’une politique cahotique qui, faute de négocier ses virages, risque le dérapage incontrôlé.

X D, le 5 juillet 2007

“Opposition constructive” versus débauchage, débandade et noms d’oiseaux

L’intention présidentielle d’ouverture est louable, le casting gouvernemental médiatique, l’impact politique génial pour la droite et les dommages collatéraux nombreux à gauche. Nicolas Sarkozy marque des points dans l’opinion et ce ne sont pas les petits soucis de carte banquaire où le détonnant “salope”, à l’encontre d’une candidate malchanceuse, d’un défenseur de la meute contre les nouveaux intrus qui suffit à ternir l’image d’une politique dite d’ouverture. Ca marche !

Pourtant la ficelle est grosse. Dans ce jeu malsain, rendu possible par la complicité d’une petite bande de déserteurs, le président tire tous les marrons du feu devant une opinion ébahie par l’allant de la nouvelle présidence impériale. Après une incontestable réussite dans la formation d’un gouvernement féminisé et “diversifié”, la nomination de “missionnaires ” venus de la gauche vient compléter l’exercice. S’il n’y a vraiment rien à redire sur la respectable posture de l’ancien ministre  Hubert Védrine – qui a cru utile à l’intérêt du pays de mettre son expérience et ses compétences au service d’une réflexion  sur la mondialisation -, tout autre est le risque de court-circuitage du Parlement dans la mise en place d’une commission ad hoc sur la réforme des institutions.

Ne s’agit-il pas là d’un contournement évident des procédures démocratiques ? Coup double dans cettte tentative. On écarte le Parlement avec la bénédiction d’un notable socialiste ( Lang n’a pas encore répondu) et on sème la zizanie dans les rangs d’une gauche groggy. Résultat des courses immédiat : ça tangue au PS. Le rappel à l’ordre d’Henri Emmanuelli, incitant ses amis à se mettre au travail, suffira-t-il à relever des troupes réfugiées dans les appels incantatoires à la refondation et prêtes à se déchirer dans le plus grand désordre ? Saluons en tous cas la posture du  député des Landes et ancien secrétaire du Parti socialiste qui voudrait sans doute entraîner ses amis sur un tout autre terrain ; celui du combat politique contre une droite décompléxée qui met tranquillement en oeuvre ses réformes. L’engagement contre le traité constitutionnel et la demande pressante d’un référendum concrétisent cet appel. Puisse-t-il être entendu de ses proches tombés dans les chausse-trapes de l’adversaire !

X D, le 6 juillet 2007

Quelques vrais enjeux autour de la réforme des institutions

Notre régime politique est souvent qualifié fort abusivement de présidentiel par une opinion qui confond la fonction du président de la République, clé de voûte des institutions, avec la nature du régime à proprement parler. Depuis la Constitution de 1958, notre cinquième République a évolué, selon les constitutionnalistes, vers un régime parlementaire rationalisé, devenu, après la réforme de 1962 instituant l’élection du président au suffrage universel direct, présidentialiste ou semi présidentiel.

La différence de nature entre le régime présidentiel et parlementaire tient à la stricte séparation des pouvoirs dans le premier modèle et à leur collaboration dans le second. A l’instar du système américain, le régime présidentiel s’appuie en principe sur un exécutif monocéphale et un parlement qui ne peut mettre en cause la responsabilité politique du président, lequel ne dispose pas du droit de dissolution. Tout autre est le fonctionnement des institutions toujours parlementaires, en théorie, de la V° République reposant sur des mécanismes de censure du gouvernement – et non du président -, après adoption d’une motion par la majorité des députés, avec en contrepoint symétrique, le droit de dissolution de l’Assemblée par le président.

Le parlementarisme rationalisé issu du texte de 1958 a strictement encadré la procédure d’élaboration des textes de loi : prééminence des projets de loi sur les propositions, domaine de compétence limité du législateur, pouvoir restreint des commissions en matière de projets de loi, contrôle de l’ordre du jour par le gouvernement, procédure du vote bloqué combinée parfois avec la mise en jeu de la responsabilité gouvernementale…

L’évolution “présidentialiste” tient à la forte légitimité du président, élu au suffrage universel direct, s’accompagnant d’une prédominance du chef de l’Etat sur le premier ministre en dehors des périodes de cohabitation. L’adoption du quinquennat - conduisant à la juxtaposition des élections, présidentielles et législatives – conforte l’idée de changement de régime.

“Un régime présidentiel à la française” – évoqué dans un récent colloque de la fondation Res Publica - pourrait assurer le retour du Parlement dans ses fonctions législatives et de contrôle de l’exécutif. Le maintien des mécanismes de mise en cause de la responsabilité du gouvernement et du pouvoir de dissolution du chef de l’Etat s’accompagnerait d’une automaticité de remise en jeu du pouvoir en cas de dissociation entre majorité présidentielle et parlementaire. Le peuple souverain trancherait ainsi ce conflit suite à une consultation électorale. Ce modèle innovant mettrait fin aux critères distinctifs traditionnels en introduisant un système hybride équilibré.

La pratique sarkozienne bonapartiste, revient de facto sur le bicéphalisme de l’exécutif pourtant consacré par notre constitution . La logique de cette dérive – qui franchit un degré nouveau avec cette omnipotence décomplexée du chef de l’Etat, véritable Janus absorbant toute la fonction gouvernementale -, ne nous entraîne-t-elle pas vers une dégénération du régime ( sauf à penser qu’elle n’est que l’aboutissement d’une pratique de dénégation du chef du gouvernement initiée par le Général et ses successeurs ) ? Le pire en effet serait alors de renforcer le présidentialisme sans garantir une véritable indépendance du Parlement - alors que ce dernier devrait se trouver au contraire conforté dans ses prérogatives de législateur -. Cette tentation illustre l’un des enjeux de la réflexion sur la réforme des institutions qui devrait s’entourer des meilleures compétences dans le cadre d’une méthode de travail irréprochable.

X D, le 13 juillet 2007

Les feux de l’été du foutriquet : de la fiscalité aux franchises, des fonctionnaires à l’amalgame de tous les fauteurs de troubles …

Monsieur Sarkozy a de la suite dans les idées mais il a de bien mauvaises idées. Il croit à son génie et à sa destinée. Vous allez voir ce que vous allez voir, se convainc sans doute ce président agité en pressant son entourage de conduire à pas de jogging son satané programme ! Mesures symboliques et réformes profondes s’enchevêtrent pour signifier à une opinion engourdie et ébahie sa fidélité à son projet de rupture. Enrichissez-vous ! A bas le fiscalisme et dehors la chienlit ! La droite, la vraie, gouverne… et ne fait pas semblant. Et tous les empêcheurs de tourner en rond n’ont qu’à bien se tenir ! Avis aux grèvistes ! Et pas de quartier pour les jeunes récidivistes ou clandestins !

La logique de cette furieuse politique repose sur une vision économique très libérale couplée d’une idéologie néo-conservatrice sur fond de volontarisme et de personnalisation d’un pouvoir hyperconcentré, le tout façon  Second Empire. La cohérence dans tout ça ? Inutile de se prendre la tête. Fichtre ! On fait dans la caricature manichéenne : d’un côté l’ordre, l’initiative, le travail, l’argent, l’effort récompensé ; de l’autre le laxisme, l’assistanat, la bureaucratie envahissante et parasitaire. Les réponses, inspirées de nos déclinologues experts et des franges de l’extrême-droite, ne coulent-elles pas de source ? La soi-disant revalorisation du travail derrière laquelle on masque une politique tout à l’avantage des riches. Pour donner le change N. Sarkozy use de faux-semblants et de longues litanies ;  les exonérations des cotisations sont instituées pour permettre aux salariés de gagner plus, les suppressions de postes dans la fonction publique,  pour mieux payer les fonctionnaires, le bouclier fiscal et l’exonération des droits de succession, pour faire revenir les entrepreneurs… Comment aller à l’encontre de si bonnes intentions quand les repentis et ralliés bien récompensés cautionnent cette politique décomplexée ? Prenez la dernière et généreuse trouvaille annoncée hier dans la capitale du thermalisme ; les franchises sur les soins, destinées à la recherche et à la prise en charge de l’Alzeimer, c’est à dire les malades payant pour les malades. Il fallait y penser. Et, surtout, oser.

Cette ambiance idéologique délétère, jouant sur l’opposition des Français, se répand dans la plus grande confusion des genres. En réalité, d’où vient l’argent facile ? De quelques aides aux plus fragiles, toujours allouées sous conditions sociales peu enviables quand les revenus du travail décrochent par rapport à ceux du capital ?   Ou bien des stock-options, des revenus du capital et de la rente ? Mais qui sont alors  les profiteurs du système quand les bas salaires sont légion et la précarité au travail devient un modèle  à généraliser ? “L’amour aussi est précaire”, se plaît à déclamer Laurence Parisot, alors pourquoi pas le travail ? Histoire de hâter, côté patronal, la réforme attendue du contrat de travail. Foutre ! Et ce matin voici la très précieuse Roselyne Bachelot moquant sur les ondes la mesquinerie de ceux qui refuseraient de payer quelques euros de plus pour vaincre l’Alzeimer ! Dans la gêne pas de plaisir : on exonère les riches des droits de succession, on leur offre un bouclier fiscal, on augmente les honoraires des médecins et on voudrait culpabiliser les couches populaires. 

Entendrons-nous bientôt proférer des insultes à l’encontre de la “Gueuse” ? On risquerait alors de ressusciter le Père Duchêne apostrophant ainsi ” Messieurs les foutriquets aristocrates à culottes serrées, à grosses cravates, à petites cocardes… ” auxquels il s’adressait pour s’exclamer menaçant dans sa 26°lettre ” n’agacez pas le dogue patriote “.

Les remèdes de chien de notre docteur Diafoirus, partent d’un diagnostic vicié pour une thérapie de choc qui pourrait bien être fatale. La redistribution à l’envers c’est un manque à gagner considérable avec un effet mécanique sur le niveau d’endettement sauf à tailler dans le vif des dépenses publiques, d’où les suppressions de postes de fonctionnaires par dizaines de milliers. C’est assurément de l’argent qui va à l’argent et non à la consommation dont on connait l’impact décisif sur la croissance et l’emploi. Les franchises, ce sont des bombes à retardement pour tous ceux qui diffèrent les soins et se trouvent ensuite dans une situation sanitaire aggravée. Ce dispositif n’est-il pas la négation d’une politique de prévention dont on sait l’importance ? En raison d’un prétendu service minimum, c’est la remise en question du droit de grève. Dans tous les domaines, c’est le triomphe d’une réaction contre l’Etat social, la protection des travailleurs et des plus vulnérables.

Le sens caché de cette boulimie de réformes, autant iniques qu’ineptes, mérite d’être dénoncé avec la sévérité qui sied à pareille entreprise de destabilisation économique, sociale et idéologique. Car ça devrait pourtant tomber sous le sens ce non sens au pouvoir d’un pouvoir pourtant chargé de sens. A sens unique, bien sûr.

“le dogue patriote”, le 1° août 2007

Une fois n’est pas coutume ou l’heureuse référence à Tocqueville de Philippe Sollers

On peut prédire qu’il ne restera de grandeur intellectuelle que chez ceux qui protesteront contre le gouvernement de leur pays, et qui resteront libres au milieu de la servitude universelle. S’il y apparaît de grands esprits, ce ne sera pas parce que rien ne se fait de grand dans le pays, mais parce qu’il se trouvera des âmes qui conserveront encore l’empreinte de temps meilleurs. 

Dans un papier plein de drôleries l’écrivain Philippe Sollers moquait, il y a une semaine, dans les colonnes du JDD, l’empereur Sarkozius qui devait inspirer bien plus tard un certain Bonaparte. Extraits : 

” Le dernier grand coup d’éclat, ce sont les infirmières bulgares. Cécilia est parfaite, Sarkozius a un rêve africain, il ira voir le super humaniste Kadhafi à Tripoli, mais, croyez-moi, Kadhafi, bien fol est qui s’y fie. L’opéra du futur ne s’appellera plus Cosi fan tutte , mais Sarko fa tutto. Bravo (  NDLR : “Ainsi font-elles toutes”, en italien est un opéra-bouffe en deux actes, mis en musique par Wolfgang Amadeus Mozart ).
Pendant ce temps-là, le vieux pape Benedictus essaie de rassembler ses troupes. Sarkozius se dit catholique, bien sûr, mais enfin on ne sait jamais. “Le pape ? Combien de divisions ?“, dira plus tard un autre Empereur. Il faut reconnaître que les ouailles de Benedictus sont un peu déboussolées, surtout en France. La plupart pensent qu’elles font désormais partie d’une vaste amicale humanitaire, et Benedictus est obligé de leur rappeler un peu de latin. Scandale dans les sacristies, régression, retour en arrière ! Benedictus tombe dans le fanatisme intégriste, c’est un réactionnaire démasqué. La Gazette de l’Empire n’a pas de mots assez durs pour lui faire la leçon. Mais il y a pire: Benedictus, non content de remettre du latin dans son vin, fait savoir que son Eglise “est la seule et unique Eglise du Christ“. Après les progressistes du monde entier, voilà qu’il se met à dos les protestants et les orthodoxes, et ça fait du monde.” 
 

Bigre ! Avec de tels propos sectaires et de tels coups médiatiques, puisés dans notre récente actualité, on ne ferait pas mieux pour rallumer la voix du Père Duchesne qui s’en prenait à la calotte et vilipendait la reine ! Vite, vite, amis spartakistes et sans-culottes des temps présents, dénonçons le retour du sacre et du goupillon et activons nos liens

http://www.lejdd.fr/cmc/chroniques/200730/le-journal-du mois_42352.html 

pour lire le libelle du libertin Sollers. Il faut avouer que ça crée un sacré  lien, entre libres-penseurs, ces impostures inqualifiables qui nous acculent au blasphème.

Mais, pour ne pas succomber à la tentation de bas amalgames,  tournons nous surtout vers César pour lui rendre ce qui lui revient ; cet ordre nouveau, teinté de communautarisme, qui sacrifie sur l’autel de la République ses propres et sacro-saints principes de Liberté, d’Egalité et de Laïcité dans cette époque consacrant tous les débordements de l’espace privé sur l’espace public : de la nomination, jadis, d’un préfet musulman à la soi-disant diplomatie de la first lady maquillant les transactions des marchands de canons et autres gros intérêts de maquignons. 

Notre illustre président serait bien inspiré de sortir de sa frénésie médiatique et de ne plus emboîter le pas, dans sa fuite en avant, à la dynastie Bush – qui fait toujours le lit de l’intégrisme - . Bien lui ferait, tout au contraire, de  prendre le recul qui sied à sa fonction et de mettre à profit ses très chères vacances, à la façon d’un Tocqueville, ce démocrate de raison, parti étudier, in vivo, la démocratie en Amérique. C’était, il est vrai, à une époque où elle pouvait encore nous éclairer pour nous arracher définitivement à l’Ancien régime…

X D, le 4 août 2007

 N.B : ” Après le séjour sur le yacht de Bolloré, les week-ends à Brégançon, les deux équipées libyennes de Cécilia Sarkozy constituent une sorte de bande-annonce. Redoutablement efficace. L’image de la «French first lady» en polo saluant les soignants bulgares à leur sortie de l’Airbus siglé «République française» sur le tarmac de Sofia, a fait le tour du monde. C’est l’irruption d’une nouvelle figure sur la scène diplomatique internationale : «Les Sarkozy» , comme le titre la presse. Qu’importe qu’elle n’ait aucun mandat officiel. Nicolas est prêt à tout pour que l’ombrageuse Cécilia incarne avec lui le couple exécutif idéal.”

Lu dans Libé du samedi 4 août 2007 sous le titre de ” Cécilia Sarkozy, une ombrageuse sous les projecteurs “. 

Succès diplomatique ou charlatanisme ?

L’affaire des otages libyens va -t- elle devenir celle du couple présidentiel après les “révélations” de Saïf al-Islam Kadhafi ? Beaucoup de flou entoure encore les conditions supposées ou réelles de l’extradition des infirmières bulgares et du médecin palestinien en Bulgarie. Sauf à faire preuve de grande naïveté, on ne saurait cependant reprocher à la France de défendre des positions commerciales en Libye. On doit même, de notre point de vue, dissocier très clairement les questions sur la nature des transactions (armement, nucléaire civil, santé, etc.) avec un pays souverain tel que la Libye de celles qui encombrent l’heureux dénouement de cette affaire.

Cet empressement excessif du président Sarkozy à transformer en succès diplomatique la visite de son épouse, alimente ainsi le doute sur ce qui pourrait n’être en fait, selon certaines rédactions de la presse française et internationale,  que l’acceptation des termes de l’échange basé sur un odieux chantage. C’est en tous cas la thèse du fils de Kadhafi envers lequel on ne devrait cependant pas prêter plus de crédit qu’aux dénégations du président français. Ceci met gravement en cause, tant d’un point de vue moral que politique, l’action de la France car, force est de constatre qu’un doute profond s’installe dans l’esprit d’une opinion surprise par cette mise en scène d’une Cécilia, glorieuse ambassadrice  des bonnes causes. Bernard Kouchner, ce numéro zéro de la diplomatie française dans cette affaire, éprouve quelques difficultés à justifier l’attitude française devant les parlementaires de l’opposition, hier encore ses proches amis. C’est qu’il boit le calice jusqu’à la lie, le French doctor assoiffé de notorité et mis cependant à l’écart de façon peu élégante, en contradiction avec  les usages diplomatiques jusqu’alors en vigueur.

Dans cette affaire, les méthodes du président pourraient bien ternir l’image de la France et affaiblir à terme nos capacités d’initiatives internationales. Notre opinion, désabusée par cette grimace aux principes diplomatiques, risque même de jeter le bébé avec l’eau du bain. S’il s’avérait en effet que les contrats conclus par des entreprises porteurs d’intérêts français étaient d’une certaine façon viciés par les conditions de leur signature, il y a fort à parier que notre ” patriotisme économique “ en subirait quelque affaiblissement. A force de tout mélanger et de confondre la gloire médiatique éphémère avec la défense des intérêts nationaux, le président Sarkozy pourrait  non seulement salir sa réputation mais entamer celle de la France en Europe et dans le monde. Qui oserait alors encore parler de succès diplomatique ? Quant à savoir si l’on doit fournir le nucléaire à la Libye c’est un autre sujet à part entière.

X D, le 7 août 2007

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